C’est, aujourd’hui, un constat indéniable : pendant ces événements ignobles qu’on a qualifiés du nom de guerre, et après que l’Algérie ait acquis, par la seule volonté du Chef de l’Etat français, cette indépendance qui devait, semble-t-il, de la façon dont les historiens intoxiqués par une propagande mensongère, écrivent aujourd’hui l’Histoire, apporter la paix en mettant fin à 130 ans de crimes et de forfaits commis par la France. Qu’en est-il pour le peuple ? La paix ? Ou une misère sans nom ?
Pourquoi ? Parce que la plus grande erreur qu’ait commise, hier, la France, ou plutôt celui qui disait la représenter, ce fut de confondre, à force de jongler avec les mots, le sens du mot « paix » avec celui du mot « ukase ».
Dès l’indépendance, on les a vu fleurir, ces « ukases, et outre l’intensification de la chasse aux Blancs dont notre communauté témoigne aujourd’hui, s’est réveillé dans l’âme des bourreaux, cette abomination désapprise du temps de la France, et remise au goût du jour par le FLN…
Ces bourreaux se sont remémoré la jouissance engendrée dans leurs gènes par les cris de souffrance des victimes. Leurs couteaux rouillés n’étaient pas seulement animés par la haine, mais aussi par une sauvagerie barbare, dont chacun se disputait la délectation. Aucune bête au monde n’aurait manifesté tant de férocité !
En represaille au bombardement d'Alger par Duquesne, les Turcs attachérent le Père Jean le Vacher,
Consul de France, à la bouche d'un canon puis y mirent le feu...
Lors de la prétendue paix, pour laquelle De Gaulle avait demandé aux Français de voter « oui », quel sort nous fut réservé ? Et quel fut celui réservé aux musulmans, en grande majorité francophiles? Pis encore que le nôtre puisque ceux qui avaient décidé de hurler avec les loups y faisaient participer, souvent par la contrainte ou la terreur, tous les douars et mechtas…
On a vu de vieilles femmes demander la faveur d’énucléer au couteau des harkis agonisants pour leur arracher leurs derniers cris de douleur, et on a vu, aussi, le peuple assister à ces scènes d’horreur avec une allégresse, feinte ou réelle… Le sadisme le plus inhumain et la terreur la plus effroyable étaient devenus les maîtres de l’Algérie, et c’est le FLN qui les avait extraits du fond des siècles obscurs pour le remettre au goût du jour…
Les êtres qui agissent ainsi ne sont pas des hommes a écrit Camus… Ce ne sont mêmes pas des bêtes, ajouterons nous…
Horrible, sans nom… Je me suis demandé, en tant qu’être humain, s’il existait au monde pire forfaits que ceux-là… Etrangement et je ne sais d’où m’est venu cette réponse : «Pire et plus lourde encore est la faute de ceux qui ont caché, et cachent encore aux Français de telles ignominies… » ?
Quelle douleur est pire que celle que nous vivons actuellement en observant la déliquescence intégrale de toutes les vertus qui nous imposaient, à nous Français, de résister à la barbarie, et, sinon de la combattre, au moins de la réprouver avec horreur ?
Lors des enlèvements et des massacres qui dès le premier jour, dit de paix, ont ensanglanté l’Algérie, qu’a fait la France ? A-t-elle réagi ? Non, elle était trop occupée à diaboliser ses fils et à se livrer à une chasse aux sorcières contre eux…
Et d’année en année, depuis 48 ans, tandis que le terrorisme et la barbarie s’étendaient comme un lèpre à l’échelon mondiale, on s’est employé, sur le sol de la Mère-Patrie, à enterrer la vérité, à courber l’échine devant l’ennemi d’hier, à payer, et encore payer pour couvrir l’effondrement de nos propres assises, jusqu’à tomber, aujourd’hui, dans l’auto-flagellation. En voulez-vous des preuves ?
Vous en trouverez des masses dans les déclarations quasi quotidiennes des Autorités françaises, en commençant par la plus haute. De Gaulle n’avait-il pas montré le cap en déclarant au Conseil des Ministres du 24 mai 1962 : « La Francene doit plus avoir aucune responsabilité dans le maintien de l’ordre après l’autodétermination. Elle aura le devoir d’assister les Autorités algériennes, mais ce sera de l’assistance technique, si les gens s’entre-massacrent, ce sera l’affaire des nouvelles Autorités. ».
« S’entre-massacrent » avait osé dire là Charles De Gaulle ! Alors qu’il livrait intentionnellement les Français d’Algérie de toutes ethnies, sans aucun moyen de défense, à des hordes meurtrières auxquelles, de plus, il promettait assistance ! N’est-ce pas là le summum d’un esprit criminel ?
Que dire après cela ? Que la France, notre Mère-Patrie n’est plus qu’une marâtre meurtrière de ses enfants ? Je refuse un raisonnement aussi simpliste, et je pense que les successeurs de De Gaulle ont refusé d’y croire, eux aussi, sachant bien qu’ils auraient à expier le crime de leur maître envers nous, mais, pour échapper à cette honte, ils ont préféré falsifier la vérité historique en se chargeant d’un fardeau expiatoire qui n’était pas le bon !
Certes, De Gaulle a fait, nous seulement notre malheur, mais aussi celui du peuple que nous avons laissé dans ce pays où nous avions su instaurer la fraternité, et qui n’est plus, aujourd’hui, pour qu’une prison à ciel ouvert pour tous les musulmans non intégristes qui refusent la violence et l’application de droits et de lois incompatibles avec la dignité humaine.
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