Roger Holeindre consacre tout un chapitre à rappeler les méfaits de la perte intégrale, pour la France, desgrandes richesses pétrolières du Sahara, après ses investissements massifs, pendant plus de dix ans, qui se chiffrent à des niveaux astronomiques : un gigantesque gâchis.
Aux accents de la grandiloquence qui nous « libérait de l’impérialisme américain » (expression empruntée à la propagande du PCF), la France se voyait soumise pour plusieurs générations à la dictature la plus contraignante qui soit, celle de l’OPEP, véritable épée de Damoclès suspendue en permanence sur son économie.
L’auteur nous rappelle qu’en 1973, le choc pétrolier, qui vit le prix du brut augmenter en quelques jours de 160 % , fut le point de départ de ce chômage de masse dont nous ne sommes toujours pas sortis, 37 ans plus tard! L’irresponsabilité de De Gaulle qui se vantait d’avoir « rétabli » l’indépendance de la France, et qui, la tête perdue dans les chimères d’un grand dessein que lui aurait assigné la Providence, n’affichait qu’ignorance et mépris pour les « problèmes d’intendance », et conduisait ainsi notre hexagone à la perte définitive de son indépendance énergétique.
Qu’était devenue l’Algérie indépendante livrée par De Gaulle aux « meneurs ambitieux» du FLN ? Avec beaucoup de précisions, dans un chapitre accablant pour la France gaulliste, Roger Holeindre expose les effroyables mécomptes de l’Algérie d’après Evian, avec le règne de Ben Bella, et plus encore de celui de Boumedienne dont les méfaits perdurent avec Abdelaziz Bouteflika : l’installation d’une bureaucratie pléthorique et corrompue de type stalinien qui ruina l’agriculture au profit d’une course effrénée et désastreuse à l’industrialisation forcée faisant de l’Algérie, avec son régime policier concentrationnaire, et la confiscation des revenus de son pactole pétrolier par la nomenklatura au pouvoir, le type même d’un « pays pauvre à milliards ».
Les descriptions que l’auteur fait de l’état de la société algérienne recoupent bien ce que nous en avait révélé l’écrivain algérien Boualem Sansal au congrès de Veritas de 2008 : une formidable régression sociale inhumaine dans un pays promis à un si grand avenir, qui en est réduit à exporter, de plus en plus massivement, sa jeunesse, dans l’aveu tacite d’un échec total depuis près de 50 ans !
La revendication de l’indépendance de l’Algérie par la révolution ne pouvait se légitimer qu’a travers la réalisation d’une réelle promotion sociale et humaine, bénéficiant à toutes les couches de la population algérienne : c’est à une tragique caricature que l’on a assisté !
L’auteur évoque les problèmes des disparus après le 8 avril, et surtout le 2 juillet 1962. Une tradition coupable a voulu que les Gouvernements français successifs éludent la question. Bien tardivement, le 23 Avril 1982, Michel Poniatowski révélait à l’hebdomadaire « Spécial Dernière » qu’en 1975, année où il était Ministre de l’Intérieur, il avait su qu’il y avait encore des centaines de captifs en Algérie.
Le journal publiait des photos de citoyens français détenus depuis 20 ans dans un vrai camp deconcentration installé près de Tizi-Ouzou. Que firent alors les Autorités françaises ? Rien ! On a laissé des années durant pourrir dans les geôles, dans les mines de sel, dans les camps de la mort lente, nos proches nos familiers, nos pères et nos frères…. » Honte à la France !
Veritas félicite Roger Holeindre pour son énorme travail plein de révélations, qui restera une source précieuse d’informations et de références, et tous les administrateurs de notre Comité sentent solidaires de l’engagement par lequel il termine son livre :
Nous n’avons rien oublié et nous n’oublierons jamais !
POUR LIRE TOUT CET ARTICLE, ADHEREZ AU COMITE VERITAS VOUS RECEVREZ CHAQUE MOIS CETTE PARUTION EXCEPTIONNELLE