La lettre de Véritas N° 189 - Extrait des pages 18/19

Projet8

 

La souffrance des Français d'Algérie de toutes confessions ne se résume pas seulement, comme  beaucoup semblent le penser, dans la perte de milliers de compatriotes, d'êtres chers, avant et après le ''cessez-le-feu'' du 19 mars 1962.


Cinquante-cinq ans plus tard, le mépris et la trahison gaulliste se perpétuent toujours, pour les Français d’Algérie survivants.
Comme De Gaulle, chacun de ses successeurs s’est obstiné, sans vergogne, à trahir ses engagements, comme le fit Sarkozy en 2007, alors qu’il était candidat en campagne, en déclarant solennellement :


« Les Harkis ont cru en la parole de la France, je serai celui qui tiendra cette parole. Si je suis élu, je veux reconnaître officiellement la responsabilité de la France dans l'abandon et le massacre des Harkis et d'autres milliers de musulmans français qui lui avaient fait confiance, afin que l'oubli ne les assassine pas une nouvelle fois. »


Or jusqu'à ce jour, force est de constater que Messieurs les Présidents de la cinquième République Française, qu’ils aient été de droite ou de gauche, ont bien menti aux Français d’Algérie, aux harkis, entre autres : élection après élection, discours après discours, ce ne fut que la cynique répétition, la monstrueuse tromperie, d’un gaullisme aux déclarations aussi tonitruantes qu’elles sonnent le ‘’creux’’, surtout lorsqu’il s’agit de prendre le pouvoir…


Le problème, c’est que ces Français d’Algérie, notamment les Harkis, n’ont pas oublié… du moins, ceux, qui restent fidèles à la Mémoire, à l’Honneur, aux sacrifices de ceux morts pour l’Algérie française… Ces « Français à part entière ! »


D’année en année, des enfants de Harkis décidèrent de manifester leur désir de voir les promesses respectées, campant de façon continue devant le Palais Bourbon, non sans
violences de la part du gouvernement : entre autres, le 16 juillet 2010, ce fut l’intervention d’une trentaine de policiers pour malmener Zora Benguera l’injurier, la battre, la jeter par terre jusqu’à ce qu’elle fut conduit à l’hôpital pour y être soignée (8 jours d’ITT)…


Pendant plus d’un an et demi, à partir de mai 2009, Zohra Benguera et Hamid Gourai, descendants de Harkis, ont assiégé l’Assemblée nationale, vivant sur la place Edouard Herriot et subissant jour après jour les persécutions du système markovien. Avec en point d’orgue la saisie de leur véhicule, pour un motif fallacieux. Mais il est vrai que le break Xantia Citroën leur servait d’abri et même de «maison », et cela, l’Elysée le savait...


Après près de deux ans de vie sous les fenêtres du Palais-Bourbon, dans des conditions, certains jours, extrêmement difficiles (en particulier la saisie du véhicule) constatant que Nicolas Sarkozy était déterminé à maintenir son parjure, ils ont décidé de porter le combat en Province, pour mieux revenir à Paris au mois de septembre, c’est-à-dire six mois avant l’élection présidentielle, qui obsédait tant Nicolas Sarkozy… » explique l’historien et écrivain Alexandre Gerbi, dans son article ‘’La Longue Marche des Harkis contre le cynisme de Nicolas Sarkozy et les crimes de la Ve République blanquiste’’.


Dans ce sens, la Coordination Harki organisa ‘’La Longue Marche des Harkis et des Pied-Noir ». Celle-ci, commencée le 22 août 2011, depuis Montpellier devait s’achever par un dépôt de gerbe aux Invalides, à Paris, le 25 septembre 2011, Journée nationale d'hommage aux harkis. A cette date, dès leur regroupement près de la Tour Eiffel, les participants se virent pris en chasse et bloqués par un important dispositif policier (gendarmes, Renseignements Généraux, etc…) mis en place à la demande de Nicolas Sarkozy, par son directeur de cabinet, Monsieur Frémont et le Préfet Michel Gaudin de la ville de Paris. Encerclés, puis séparés en deux groupes et maintenus sur les trottoirs sans pouvoir en bouger, les participants à la ‘’Longue Marche’’ et leurs amis furent arrêtés dans leur action, comme des suspects qui s’apprêtaient à commettre un acte criminel.


Il faut dire que ce 25 septembre-là, aux Invalides, Monsieur Nicolas Sarkozy ne souhaitait pas que des descendants de Harkis lui rappellent son déshonorant parjure : celui de n’avoir pas reconnu, depuis 2007, après plus de trois ans de Présidence, la responsabilité de l’Etat français et du Général De Gaulle dans l’abandon et le massacre de milliers de Harkis.


Plutôt se déshonorer, en tant que Président des Français que d’effleurer la légendaire statue du ‘’Général Symbole’’ dans ce haut lieu des Invalides !... les gaullistes inconditionnels n’auraient jamais pardonné une telle trahison !...


Voilà la vraie raison, la protection d’un «  mythe éculé », qui conduisit Nicolas Sarkozy à écarter les représentants de la coordination Harki et leurs amis de cette cérémonie des Invalides marquant la Journée nationale d'hommage aux harkis.


Surtout pas d’éclaboussure sur la statue du général De Gaulle, complice du génocide de centaines de milliers de ces braves soldats Français musulmans, qu’il fit recruter en masse depuis 1958 et qu’il abandonna aux tortures du FLN algérien, dès mars 1962.


Cette infâme trahison n’entache l’honneur de la France, que par cette tragique obstination gaulliste à ne pas reconnaître la responsabilité capitale du général De Gaulle, provocateur et témoin passif des massacres de Français d’Algérie perpétrés par l’armée algérienne du FLN.


Et dans ce génocide qu’on ne veut pas reconnaître, notre pays se trouve entrainé, depuis des années, par les gaullistes et ceux qui y ont leur intérêt, dans les méandres d’une Histoire « truquée » : une lamentable tragédie, qui propose, aujourd’hui, d’ériger des statues du Général De Gaulle, de part et d’autre de la Méditerranée, dans l’espoir futile de faire oublier que leur socle se fonde sur des milliers d’ossements humains.


Hamid Gourai exprima, avec discernement,  cette confusion volontaire et tragique de certains dirigeants de notre pays : la réelle occultation de la trahison gaulliste, celle que tous les Français savent, mais que beaucoup ne veulent toujours pas reconnaître : 


« …Il n’est pas question de laisser nos Présidents de la République entourlouper leur monde. Ce n’est pas la responsabilité de la France qu’ils doivent reconnaître, c’est la responsabilité de l’Etat français, en particulier celle de Charles de Gaulle et de son gouvernement. Car dans cette affaire, la France a été victime, comme les Harkis, les Algériens francophiles et les Pieds-Noirs.


Accuser la France comme l’a fait Sarkozy, c’est à la fois insulter la Nation, et épargner les vrais coupables ! Le coupable, je le répète, ce n’est pas la France : c’est l’Etat français et son chef, Charles de Gaulle. C’est cela que tous nos Présidents de la République devraient reconnaître, et pas autre chose.
 »... /...

Louis ALBERTELLI 

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