La lettre de Véritas N° 191 - Dossier du mois     -   Pages 12/13/14 et 15

Projet4

Les cris d’un homme qui souffre de la torture trouve-t-il un écho plus grand dans la conscience de certains journalistes et hommes politiques, en fonction de l’identité de la victime ou de son bourreau ?…

Cette question retrouva toute son actualité lors l’arrivée au pouvoir du président de la république François Hollande : lors de sa visite en Algérie le 20 décembre 2012 (date symbolique, pour une démagogie "déplacée" en Algérie) n’a-t-il pas exprimé ses regrets, sa compassion à l’égard du peuple algérien, évoquant au parlement de ce pays «… les souffrances que la colonisation » de la France infligea aux populations des quinze départements français d’Algérie…

Monsieur Hollande avait, alors, outrageusement exclus de sa mémoire sélective, les dizaines de milliers de Français d’Algérie de toutes confessions, qui furent assassinés ou enlevés en subissant les plus atroces tortures de la part des suppôts du FLN, et ce, durant les huit années des "événements d’Algérie", rebaptisés, "guerre d’Algérie" après l’indépendance (un autre "trucage" de l’Histoire !…)

Or cette amnésie diplomatique honteuse du président hollande s’avérera contagieuse… En effet, la troublante perte de mémoire du chef de l’État français, se communiqua, plus gravement, cinq ans plus tard, à son "poulain" et ministre, Emmanuel Macron, alors que celui-ci aspirait accéder à la présidence de la république française : lors de son voyage en Algérie, le 15 février 2017, ce dernier déclarait, dans son interview au média local Echorouk–News : «… j’ai condamné toujours la colonisation comme un acte de barbarie… la colonisation fait partie de l’histoire française, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie… et cela fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses… » Une indigne interprétation sélective de l’histoire, se voulant bassement complaisante ?… ou bien, plus douteuse, la ridicule ignorance avérée de cette histoire l’Algérie française?... Elle fut, d’ailleurs, très vite sanctionnée par des historiens de renom,  Bernard Lugan, entre autres.

Ainsi, à nouveau, un représentant du gouvernement socialiste français, alors candidat à la présidence de l’État, feignait d’ignorer les tortures, les crimes contre l’humanité perpétrés par les tortionnaires du FLN, à l’encontre de plus de 170.000 Français d’Algérie de toutes confessions ?...

S’affranchissant de toute rigueur, de toute honnêteté intellectuelle à propos de l’Histoire de l’Algérie française, Monsieur Macron avait, lui aussi, "oublié", balayé d’un souffle de son esprit partisan la remarquable œuvre de civilisation, que la France avait accomplie avec l’ensemble des populations de ce territoire Français d’Algérie, qui comptait 15 départements en pleine expansion économique, en 1962… Effacée de sa mémoire sélective, l’histoire d’un territoire, plus de deux fois et demi plus vaste que la France… qui, 132 ans auparavant, constituait la stérile "Barbarie", minée par d’incessantes luttes tribales, des épidémies récurrentes, dominée et pressurée, au mépris de ses populations, par l’éprouvante administration d’une régence turque impitoyable, pratiquant la piraterie en Méditerranée et l’esclavage de masse?...

Lorsque des représentants d’un gouvernement français osent "entretenir" de telles lacunes historiques et se précipiter sur le déshonorant "tapis de la repentance", quelle respectabilité leur accorder ?... Honteuse "maladie de repentance", qui suscita, sous cape, la risée des gouvernants algériens… car ils étaient parfaitement conscients des actions barbares du FLN, de 1954 à 1962 !... et de nos jours (1)…

Ils ne furent donc pas dupes de cette pantomime des "visiteurs français compatissants"… Leur mépris du honteux spectacle de ces deux indignes dirigeants français fut habilement contenu, car ils exploitèrent cette faiblesse. Les dirigeants algériens purent tirer profit du ‘’profil bas’’ de leurs visiteurs : plus de facilité pour l’immigration algérienne en France, cela diminue grandement le risque de révolution d’un peuple algérien revendicatif et durement opprimé par ces dirigeants … Mais, peut-être, aussi, Messieurs Hollande et Macron espéraient-ils le soutien, des voix des Algériens, en quête de nationalité française ?… Un genre d’échange de "souk"… en contrepartie de la trahison indigne de notre l’Histoire !…

Notre Vème République n’en avait-elle pas connu de vu de plus graves, dès sa naissance ? Rappelons-le...

Cette Vème République fut, en effet, inaugurée sous le signe de la trahison de son premier Président…

Car la Constitution de cette République, en date du 4 octobre 1958, "concoctée sur mesure" par Charles De Gaulle (avec l’aide son "serviteur", Michel Debré) avait, bien vite été violée par son fondateur. Il n’avait pas hésité à s’affranchir de l’article 5 de celle-ci, qui stipulait : «Le Président… est garant de l'intégrité du territoire…» Or le président De Gaulle proposait dans son discours, du 16 septembre 1959, la possibilité d’abandon des 15 départements français d’Algérie ?… Et il poursuivit ce dessein inconstitutionnel, en faisant aboutir son projet illicite, lors du référendum du 2 janvier 1961, dont Jacques Soustelle souligna : le «contenu orienté»… et les questions «volontairement confuses et contradictoires» proposant l’autodétermination, tout en demandant d’approuver la mise en place d’institutions provisoires devant conduire à «l’Algérie algérienne» : le principe d’intégrité du territoire national se trouvait trahi par le président Charles De Gaulle, garant des institutions…

Il venait de démontrer que la trahison de la République pouvait se faire au plus Haut niveau de l’État… en «larguant» à tout prix, suivant les tragiques «accords d’Évian» les départements français d’Algérie.

Or, ces «accords» signés le 18 mars 1962, engagèrent, surtout, la responsabilité de l’État français dans sa réserve de ne pas s’opposer aux forces de l’ALN : et cette «armée de libération» s’employa, donc, en toute liberté, à des vengeances immédiates, des tortures, suivies de nombreux massacres de masse, qui ensanglantèrent l’Algérie du 19 mars 1962, à la fin de cette année-là… Ce qui met en évidence la totale responsabilité du général De Gaulle et de son gouvernement.

Or la mémoire patriote et le respect affectueux que nous éprouvons toujours pour ces dizaines de milliers de Français de toutes confessions, qui sont tombés, victimes de l’impitoyable et criminel abandon de l’État français, nous oblige à toujours résister aux persistantes trahisons de la mémoire et de l’Histoire de notre pays, comme celles évoquées précédemment, à propos de Messieurs Hollande et Macron : les crimes contre l’Humanité ne sont pas ceux supposés par ces actuels représentants du pouvoir de notre pays… ils sont ceux que le FLN et son armée ont pu perpétré sous le regard d’un général De Gaulle impitoyable … de véritables pogroms de Français d’Algérie de toutes confessions, au vu et au su d’une armée française paralysée par les accords d’Évian et les ordres implacables de ce général-Président : 150 000 harkis (d’après les archives de notre armée) et des milliers d’européens (3000 durant la seule journée du 5 juillet 1962 à Oran) furent, ainsi, sauvagement torturés et assassinés par les bourreaux du FLN, opérant Ces horribles crimes contre l’Humanité, sans crainte d’une intervention de l’armée française.

Au regard de telles tortures et massacres de masse, demeuraient cachés, dans les dossiers secret des archives du gouvernement français, depuis plus d’un siècle, comment ne pas s’interroger sur ses crimes commis contre notre HUMANITÉ…

Lorsque l’ombre de la torture de masse se trouve révélée lors d’un conflit, le devoir de réflexion et les scrupules de l’homme intègre, politique ou journaliste ne doivent-ils pas s’exercer totalement, sans parti pris, pour juger les acteurs de cette pratique barbare et la dénoncer ?...

C’est à cette question essentielle, que nos gouvernants français et notre presse écrite et audiovisuelle ont toujours refusé de répondre ou de donner suite complétement, quand ils n’ont pas refusé de l’entendre, depuis plus d’un demi-siècle… Car, s’ils maintiennent encore cette omerta coupable, c’est que leur esprit partisan les rend aveugles et sourds, et qu’ils trahissent la plus élémentaire vertu de compassion envers leurs semblables éprouvés par les tortures et le crime. Leur sensibilité et leur devoir d’honnête citoyen n’est-il pas de réclamer justice au regard de faits criminels avérés ?…

Or, aujourd’hui encore, qu’ils soient de droite ou de gauche, ils continuent de tourner le dos à la réalité des massacres de masse des Français d’Algérie : les uns dans une fidélité têtue à leur mentor (qui rappelle les négations fascistes) envers le trouble personnage d’un général De Gaulle coupable de complicité de crimes… les autres, fuyant la réalité, honteux de se sentir complices d’une politique d’abandon des Français d’Algérie… entre autres, quand notre presse écrite et audiovisuelle, continue de dénoncer, unilatéralement, certains actes de torture pratiqués illicitement par des éléments de l’armée française en Algérie : notamment lors d’interrogatoires de terroristes, susceptibles de révéler des projets d’attentats ou des poseurs de bombes…même si une telle pratique avait pu sauver, alors, des dizaines de personnes…

Il apparait donc évident, depuis des années, que l’éclairage des faits relatifs à la "guerre d’Algérie" est moins souvent dirigé, en "toute lumière" sur les actes de barbarie, les pogroms à grande échelle perpétrés par le FLN, notamment, à l’encontre des dizaines de milliers de harkis et autres Français d’Algérie : ainsi, la période postérieure aux "accords d’Évian" présente, toujours, d’importantes zones d’ombre… alors que la lumière se trouve principalement réservée aux liesses de l’indépendance, pour de nombreux médias… tant, il est vrai que Charles De Gaulle avait contrôlé, orienté et même muselé l’information, dès le 2 février 1960, date à laquelle il avait pu obtenir, de l’Assemblée nationale, l’investiture des « pleins pouvoirs » Il avait, alors, commencé par fermer certaines officines de presse en Algérie. Ces « pleins pouvoirs » lui donnaient, en outre, la possibilité d’agir en dictateur, « par ordonnance »… De telles actions ne furent pas en faveur de la démocratie… et notre société s’en ressent, encore aujourd’hui, lorsque des gouvernements s’emparent des pleins pouvoirs…

Bien heureusement, toute classe politique comprend, des hommes et des femmes de conviction et de courage, qui osent s’élever, grâce à leurs valeurs morales, au-dessus de l’esprit partisan, au risque de ne plus être reconnus par leurs pairs.

Ainsi, parmi ces représentant du Peuple français, une femme de grande envergure a eu l’honnêteté et le cœur de faire front à l’omerta gaulliste en éclairant, solennellement, ces tragiques zones d’ombres de la guerre d’Algérie : les crimes contre l’humanité provoqués et favorisés par les décisions politiques du gouvernement du général De Gaulle… Simone Veil, première présidente du Parlement Européen, Ministre de la Santé, membre du conseil constitutionnel les évoquera, lors de son discours de réception à l’Académie française, en date du 18/03/2010 : les responsabilités des trahisons criminelles du général De Gaulle et de son gouvernement, ne font plus de doute quant au massacre de masse des harkis…

«… Mesdames et Messieurs, on ne peut non plus évoquer ces temps de malheur sans aborder un douloureux dossier. Ancien magistrat, m’étant beaucoup investie pour améliorer la condition des prisonniers du F.L.N. en Algérie et en métropole, je n’en suis que plus à l’aise pour aborder une autre page tragique de notre histoire. En Algérie, des musulmans avaient accepté de servir dans l’armée française. On les appelait les «moghaznis», ou plus communément les «harkis». Leurs effectifs s’élevèrent à 90 000 hommes et leurs familles. Les accords d’Évian stipulaient qu’aucun Algérien ne serait inquiété pour ses engagements passés, notamment dans l’armée française. Les autorités françaises voulurent croire à ce traité et Les autorités françaises voulurent croire à ce traité et mirent tout en œuvre pour qu’il fût respecté... Pour nombre d’officiers français, ce fut un déchirement d’abandonner à leur sort des hommes qui avaient partagé leurs combats. Certains décidèrent leur rapatriement en métropole. Après y avoir un temps consenti, et ouvert des camps d’hébergement, les autorités françaises publièrent des instructions très strictes mettant fin au rapatriement. La plupart des harkis durent ainsi rester en Algérie, en butte à l’opprobre et souvent à d’horribles représailles. Quel fut le nombre de victimes ? Les historiens s’opposent encore sur ces chiffres. La tragédie de ces familles entières abandonnées laisse en tout cas une tache indélébile sur notre histoire contemporaine…»

Ainsi, la lâche, impitoyable et criminelle attitude du "dictateur" Charles De Gaulle, imposant l’absence d’intervention de notre armée, lors des massacres se trouve mise en évidence…et son attitude criminelle se renouvellera, de même, lors de l’abandon des civils de la population de la ville d’Oran… plus de 3000 morts et disparus…morts et disparus… Madame Simone Veil, membre du conseil constitutionnel

Et Simone Veil poursuit, à propos du rôle du Ministre des Armées :

«… Plus que quiconque à l’époque, il eut le redoutable devoir d’incarner l’autorité de l’État. Une nouvelle fois, Pierre Messmer se plia à la rigueur d’État, au devoir d’obéissance. Plus secrètement, il souffrit de ce drame, évoquant même dans des entretiens ultérieurs avec Philippe de Saint-Robert une situation de «non-assistance à personne en danger…».

Si Monsieur Messmer se sentait complice de «non-assistance» pourquoi n’avait-il pas démissionné ?…

Et Simone Veil de poursuivre, avec précaution, au sujet des "Tribunaux d’exception" diligentés et largement influencés par De Gaulle lors des jugements des opposants du ‘’putsch d’Alger’’ et de l’OAS :

«… La gravité des événements et leur extrême complexité nécessitent qu’on aborde cette époque avec tact. Il serait malvenu de juger du haut de notre chaire, nous qui bénéficions aujourd’hui du recul et de la sérénité. Mais il faut rappeler que ce fut un temps où l’on vit les dirigeants d’une grande démocratie intervenir dans le déroulement de la justice, dicter la composition du haut tribunal militaire chargé de juger les conjurés, convoquer le procureur pour lui inspirer les conclusions de son réquisitoire, tenter de peser sur le verdict. Jusqu’à la fin de sa vie, Pierre Messmer assumera publiquement cette attitude, fustigeant la désobéissance au chef de l’État, rappelant sans cesse la nécessité absolue du respect de la légalité républicaine. En privé, il se révèlera plus nuancé et, à la fin de sa vie, entreprendra des démarches discrètes pour rencontrer le commandant Denoix de Saint-Marc, l’homme qui commandait le 1er REP lors du putsch d’Alger. Quelque quarante ans après les faits, Pierre Messmer estimera venu le temps de la «paix des braves».

Ce discours d’une personnalité française de premier plan (2) tant au sein du gouvernement français, qu’à la tête du Parlement européen, confirme précisément, dès la signature des «accords d’Évian» la politique criminelle d’abandon du général De Gaulle à l’égard de nos combattants harkis… le même abandon funeste, qu’il pratiqua à l’encontre des populations civiles… notre armée était sommée de ne pas intervenir pour s’opposer aux exactions criminelles de l’Armée de Libération Nationale (ALN)…

Ainsi furent livrés, sans défense, les Français d’Algérie aux mains des tortionnaires du FLN… et ces pogroms se poursuivirent, pendant des mois, dans les campagnes et dans les villes…

Les massacres sous d’odieuses tortures de nos combattants harkis (150 000 victimes) et ceux des populations civiles (3000 victimes pour la seule ville d’Oran, le 5 juillet 1962) témoignent du lâche abandon programmé imposé par Charles De Gaulle sur tout le territoire de l’Algérie française…

Des tortures pratiquées par le FLN tout au long de la guerre d’Algérie, de 1954 à 1962 et mises en évidence :

par l’exploitation des archives par l’historien Jean-Jacques JORDI dans son ouvrage «Un silence d’État»

http://babelouedstory.com/thema_les/disparus/2053/2053.html

… et par les révélations de chefs du FLN, tel

Et ces pratiques de tortures se sont poursuivies dans l’actuelle Algérie indépendante :

http://www.algeria-watch.org/fr/mrv/mrvtort/mrvtort.htm

Simone Veil : déportée à Auschwitz à l’âge de 17 ans, avec sa mère (celle-ci en mourra)

À sa libération, elle entreprend des études de droit, épouse Antoine Veil et entre dans la magistrature en 1957. En 1970, elle est la première femme à occuper le poste de secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature. Cette ascension professionnelle et ses positions politiques centristes l’amènent à être nommée ministre de la Santé sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing.

Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, Simone Veil fait voter la loi sur la légalisation de l’IVG en 1975. Sa popularité ne cesse alors de croître. De 1979 à 1982, elle est la première présidente du Parlement européen, nouvellement élu au suffrage universel.

Elle est Ministre d'État, ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville, et «numéro deux» dans le gouvernement Édouard Balladur, puis siège au Conseil constitutionnel de 1998 à 2007.

Élue à l'Académie française le 20 novembre 2008, elle y est reçue solennellement le 18 mars 2010.

 

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                                                                             Louis ALBERTELLI

 

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