La lettre de Véritas N° 189 - Extrait de la page 16 et 17

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Du temps a passé, longtemps... 1962... 2017... Cela fait cinquante-quatre ans que la vie « Pied-noir » a basculé dans le monde de l’indifférence et d’un certain oubli imposé par ceux qui nous gouvernent en France, sinon dans celui de la contrevérité outrancière.

 
Je ne me souviens pas de personnes nous tendant la main, épaulant nos démarches de survivants à, non pas se reconstruire, mais construire quelque chose de différent et encourageant nos convictions à affirmer une vérité s’opposant aux mensonges qui habillent notre parcours pied-noir avec autre chose que de la médisance, une envie de détruire nos images, nos souvenirs d’un monde que nos ancêtres français, parisiens, lorrains ou corses, espagnols, italiens ou allemands créèrent à force de labeur et de peine.


Personnellement, je me suis penché sur cette création d’une province moderne, sur ceux qui dès le début de la conquête voulurent, à côté de l’armée croire en cette terre nouvelle ingrate mais prometteuse. J’ai lu leurs espoirs et leurs combats dans des récits épiques, souvent tragiques et émouvants... Il n’y avait pas que les tribus barbares et les hordes nomades à vaincre, il y avait les maladies endémiques, le choléra, le paludisme, mille maux qui entachaient leur conquête d’une terre sans nom pour en faire un pays.

 

La vérité, des années plus tard ? Ce n’est pas celle qui nous montre du doigt en coupables, en fascistes ; ce n’est pas celle qui fait de nous des outlaws sur le propre sol de la Mère-Patrie que nous chérissions, que nous vénérions depuis l’Algérie et pour laquelle nombreux furent les hommes de l’Afrique du Nord qui donnèrent leur vie au fil des guerres, comme une façon de montrer leur amour de la France. Non. Notre vérité n’est pas celle de la haine et de la nostalgie.


Bien entendu, là-bas tout ne fut pas simple durant 132 ans, mais malgré les différences, un monde cohabitait. Il y avait des musulmans et des juifs, des catholiques et des protestants. Il y avait des européen, des maghrébins et des africains. Ce n’était certainement pas l’harmonie universelle, mais nous appliquions déjà avant l’ère des socialistes et de leur mixité folklorique celui du « vivre ensemble », celui de la main tendue en transmettant un mode de vie et une éducation.


Nous étions différents mais souvent conciliants entre nous. Les écoles, les lycées et les facultés avaient ce mélange des populations que les bornés, les obtus socialo-communisants ne voyaient pas. Ils surent au contraire ces faux dévots mettre de l’huile sur le feu pour créer le crime et la tragédie entre les uns contre les autres.


Certainement l’Algérie avait ses défauts comme une terre qui cherche sa voie, mais les musulmans ne refusèrent-ils pas pour le plus grand nombre cette identité française qu’ils pouvaient obtenir de plein droit ? Ils préférèrent conserver leurs mœurs et le Coran. Les juifs, esclaves des turcs furent par contre, prompts à saisirent la chance en 1870 de devenir français par la loi Crémieux et d’être libérés du joug d’Istanbul.


Certains descendants de ces familles en sont toujours reconnaissants, d’autres sont moins conciliants, plus de mauvaise foi. Ils trouvent le « Chant des Africains », fétide, semblent contester la liberté reçue par leurs ancêtres et se targuent parfois d’être plus maghrébins que pieds noirs... Des « people » de la pire espèce, mais ne retenons que ceux qui conservent, et ils sont nombreux, le cœur accroché au souvenir de notre terre française, abandonnée...

 
Il y avait le soleil, la mer et la joie d’être sur un sol en transformation, neuf de son modernisme, de ses infrastructures, de sa richesse en défricheurs de terres incultes, en créateurs d’innovations et d’avenir... une terre montrée en exemple dans une Afrique que seul Houphouët-Boigny, lors de l’indépendance de la Côte d’Ivoire en 1960 a su intégrer dans l’évolution de son pays... Il était un phare dans son évolution économique, et son modernisme méritait des applaudissements mais l’Algérie c’était autre chose : la France !


Tout rappelait la Métropole, de l’éducation de la jeunesse, aux domaines industriels ou agricoles et les villes d’Algérie étaient le témoignage réaliste de la modernité : Alger, Oran, Constantine... Les villes ou les villages du bled ou du bord de mer reflétaient l’esprit d’innovation qui caractérisait le Pied-noir dans ses œuvres, ses actions, son futur.


Durant tout ce temps vécu en Algérie, ma jeunesse fut innocente. Elle croyait en la pérennité de ses racines et à une construction dans l’éternité. Mes amis n’étaient pas seulement des enfants des colonies tellement fiers du drapeau de la Nation, des défilés militaires, des cimetières où nombreux étaient ceux qui avaient défendu la France et qui étaient enterrés dans la glaise du pays qu’ils avaient construit : l’Algérie.


Mes amis, mes copains étaient des juifs et des musulmans. A l’école nous avions le même goût des jeux, au lycée et plus tard, la même envie de réussite avec cette différence, un Coran qui nous empêchait d’être plus que des amis et des frères de la même province.


Pourtant, ce sol était autant le nôtre que le leur, car si je trouvais dans ces terres conquises la marque des Pieds noirs bâtisseurs, je découvrais aussi celles des peuples anciens qui avaient laissé leurs marques, leurs traces à travers la grandeur et la majesté de leurs monuments grecs ou romains, mais je ne trouvais aucune trace d’un temps, d’une époque musulmane... /...

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 PUIG

 

 

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